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Magazine

La grande explication Naissance de la Ve République

Durée
0:04:54
TV5MONDE

En 1958, la France est présidée par René Coty. La seconde guerre mondiale est finie depuis plus de dix ans et les français ont recommencé à vivre. 
Pourtant, la Quatrième République, qui a à peine douze ans, agonise. Son régime politique est instable : les gouvernements n’en finissent plus de se succéder et rares sont ceux qui tiennent plus de six mois.  Affaiblie, la France perd peu à peu son empire colonial. Après l’Indochine… le Maroc… et la Tunisie… c’est l’Algérie qui revendique son indépendance. Depuis quatre ans, une guerre oppose les indépendantistes du FLN aux autorités françaises. Une guerre qui ne porte pas son nom, où tout semble permis, même la torture. Le 13 mai, à Alger, un rassemblement en hommage aux trois français fusillés par le FLN, tourne à l’émeute. L’investiture du nouveau Président du conseil, Pierre Pflimlin, inquiète. On dit qu’il veut négocier avec le FLN… Il faut protéger l’Algérie française ! La foule envahit le bâtiment du gouvernement général et le met à sac. Les dissidents forment un Comité de Salut public et demandent au général Massu de le diriger. 
L’émeute tourne à l’insurrection. Dans les jours qui suivent, l’agitation grandit et les manifestations éclatent dans tout le pays. Le 15 mai le Général Salan, s’exprime depuis le balcon du forum d’Alger. Il prononce le nom que la foule attendait. Il appelle le général de Gaulle, « le héros de la France libre », à revenir au pouvoir pour reprendre les choses en mains.  
Depuis douze ans, le général de Gaulle s’est retiré de la vie politique, en profond désaccord avec les institutions de la quatrième république.
A l’appel du général Salan, il sort de son silence et se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République. Quelques jours plus tard, il précise ses propos : il ne prendra pas le pouvoir autrement qu’en toute légalité. 
A Paris, la tension est vive. Les généraux d’Alger menacent de mener une opération de parachutage sur la capitale si de Gaulle n’est pas investi… La rumeur parle d’un putsch de l’armée !
Le 28 mai, le Président Coty, qui redoute la guerre civile, demande au général de Gaulle de former un gouvernement. Pour les gaullistes : l’homme providentiel est de retour, l’Algérie française est sauvée. Pour l’opposition, c’est un coup d’état. Le jour-même, plus de 200 000 manifestants se rassemblent à Paris pour protester contre son retour.
Le 1er juin, l’Assemblée nationale investit le général de Gaulle, à 329 voix contre 224.  Il devient ainsi le dernier Président du conseil de la Quatrième République.